Prendre l’avion est une liberté qu’il faut défendre

En Europe, le transport aérien a bien illustré la manière dont le marché libre peut réduire les coûts de transport pour les consommateurs. Désormais, ce secteur est attaqué par les écologistes.

Chaque fois que vous réservez un vol et regardez votre reçu, vous pouvez constater qu’une grande partie de ce que vous avez payé sont des taxes. Et pourtant, le transport aérien a révolutionné les transports publics et a rendu facilement accessibles des destinations qui ne l’étaient pas auparavant pour les plus pauvres de notre société. En Europe, des compagnies telles que la compagnie aérienne irlandaise RyanAir offrent des vols aller-retour de plus de 3 heures pour seulement20 euros. D’un côté, cela a certainement amplifié la présence du stéréotype du touriste américain qui visite 13 pays européens en 7 jours mais, d’un autre côté, cela a également soulevé des inquiétudes quant à l’empreinte carbone de ces touristes. C’est à ce titre que les écologistes désapprouvent le transport aérien et ses conséquences sur notre climat, et exigent des mesures strictes.

La raison? La revue scientifique Nature Climate Change a publié une étude identifiant «l’empreinte carbone du tourisme mondial». Dans ses conclusions, l’étude affirme que les touristes contribuent à hauteur de 8% des émissions mondiales de CO2 en ajoutant jusqu’à 4,5 gigatonnes de gaz à effet de serre (équivalent du dioxyde de carbone) par an. Les chercheurs continuent en affirmant que:

“L’augmentation rapide de la demande touristique dépasse de loin la décarbonisation de la technologie liée au tourisme et nous pensons qu’en raison de son intensité élevée en carbone et de sa croissance continue, le tourisme constitue une part croissante des émissions mondiales de gaz à effet de serre.”

Les demandes de la part de ceux qui sont toujours friands de l’intervention étatique sont peu surprenantes: des taxes plus élevées sur le transport aérien. Juste au moment où voyager dans les pays étrangers est devenu une option abordable pour les familles à faible revenu, les défenseurs du climat sautent pour ruiner ces opportunités. Ces touristes auraient commis l’infraction inexcusable de pollution pour laquelle ils doivent être dépouillés de leurs capacités financières.

Ceci, bien sûr, n’est pas une plaidoirie nouvelle , et l’étude n’est qu’un un point d’actualité pour promouvoir une vieille proposition. Depuis 2011, la Fédération européenne des transports et de l’environnement (connue sous le nom de T&E) a longtemps plaidé en faveur de l’augmentation des taxes sur le transport aérien. Peu de choses ont changé dans les messages envoyés jusqu’en février de cette année, dans lesquels le groupe considère que le transport aérien est «sous-taxé» malgré la hausse des taxes au cours des sept dernières années. Là encore, l’argument environnemental ne semble pas être le seul à leurs yeux:

L’analyse T&E a trouvé de nouvelles mesures telles qu’une taxe carbone sur les carburants, une taxe sur le kérosène et la suppression de l’exonération de la TVA pour les vols en provenance et à destination de l’Europe permettrait de lever plus de 50 milliards d’euros de recettes par an.”

Boost budgétaire ou protection de l’environnement, l’argument des taxes accrues sur le voyage aérien fait le tour de l’Europe. Jusqu’à présent, la Commission européenne n’a pas encore fait de proposition dans ce sens, mais le journal belge De Standaard a indiqué que “Ici et là, il est suggéré que l’impact sur l’environnement et la santé doivent jouer un rôle dans l’introduction d’une accise minimale européenne sur le pétrole”, ce qui est le langage de Bruxelles pour dire “une proposition sera faite prochainement”.

Mais ne vous inquiétez pas car, au moins sur le changement climatique en général, l’Union européenne «agit déjà». Avec 25% du nouveau budget de l’UE consacré à l’action environnementale, l’Union s’est engagée à accroître les investissements dans la question du changement climatique. Cependant, comme l’a expliqué le commissaire européen aux budgets, les deux options discutées afin d’augmenter le budget sont une taxe sur le plastique et des changements dans le “Emission Trading System (ETS)”.

Où exactement les 25% de dépenses seront investies n’est cependant pas clair. Certes, un grand nombre d’ONG environnementales empocheront les fonds dans des subventions pour préconiser des taxes encore plus élevées. Dans tous les cas, l’argent sera certainement utile à Bruxelles afin d’améliorer la situation budgétaire après le Brexit.

Une taxation plus élevée comme solution semble être le mécanisme de référence. À moins bien sûr qu’il y ait une idée encore moins raisonnable… D’après le Guardian, il faudrait même rationner les miles (kilomètres) faits/parcourus en avion par personne.

Qu’il s’agisse de taxer ou de rationner, le rôle du gouvernement ne devrait pas être celui de déterminer la façon dont les consommateurs dépensent leur argent et certainement pas quand et combien ils voyagent. Certes, les transports en avion provoquent des émissions de carbone. Cela fait partie de l’évolution et du progrès humain. Les gens voyagent parce qu’ils travaillent ou parce que leurs ambitions les ont placés dans une position où ils peuvent se permettre des vacances. Et non, ils ne doivent pas se justifier pour l’amélioration de leur style de vie. Le progrès humain apparaît par nécessité, et il ne provient pas du bureau d’un politicien ou d’un bureaucrate, mais par les individus qui le créent.

De toute évidence, il n’y a aucune différence entre limiter les voyages par la loi sur l’immigration et restreindre les voyages en taxant ou en rationnant une méthode de transport abordable. La seule différence, c’est que cela crée une société à deux vitesses avec d’un côté ceux qui peuvent se permettre le coût de l’impôt ou des outils pour contourner la loi, et de l’autre, ceux qui ne peuvent pas voyager entièrement.

Une société pourtant si prudente à l’égard des plus pauvres de ce monde devrait en prendre note.


Cet article a été publié par Les Echos.

Thanks for liking and sharing! Consider subscribing to this blog.

About Bill Wirtz

My name is Bill, I'm from Luxembourg and I write about the virtues of a free society. I favour individual and economic freedom and I believe in the capabilities people can develop when they have to take their own responsibilities.

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s