C’est la régulation qui nuit aux chauffeurs de taxis, pas la concurrence

Les crises de colère lancées par les chauffeurs de taxi à travers le monde, en ce qui concerne les services de covoiturage tels que Uber ou Heetch, sont révélatrices d’un monopole moribond. Si votre chauffeur de taxi n’était pas en colère contre l’économie du partage, alors cette dernière ne serait pas efficace. (L’Echo)


Dans “La Loi”, Frédéric Bastiat, économiste français du XIXe siècle, développe les conditions qui conduisent à un monopole. Il écrit: “L’esclavage, la restriction, le monopole trouvent des défenseurs non seulement dans ceux qui en profitent, mais encore dans ceux qui en souffrent.”

Ceci est bien reflété dans un article récent du New York Post, sur les difficultés financières des chauffeurs de taxi de New York. L’article raconte les histoires personnelles des conducteurs qui se voient accablés par le système de licence, mais concluent que ce sont Uber et Lyft (une autre entreprise américaine) qui sont responsables de leurs difficultés. Les plaintes d’un conducteur sont expliquées comme suit: quand il y a une mauvaise journée, il (le chauffeur de taxi interviewé) conduit à Penn Station à l’heure de pointe du jeudi pour rejoindre une ligne de 15 taxis. “Cela ne serait jamais arrivé il y a cinq ans. Avant, le client attendait 15 minutes. Maintenant c’est nous qui le faisons.”

Du point de vue du consommateur, il est difficile de voir comment cela pourrait être une mauvaise chose. Attendre 15 minutes pour un taxi dans une ville n’est certainement pas adapté aux besoins de notre temps, dont à ceux qui ont des obligations de travail importantes. Pour le consommateur, la décision n’est pas seulement basée sur des prix plus bas, mais aussi sur un service amélioré, des chauffeurs plus sympathiques et de meilleures voitures. Soyons honnêtes: les chauffeurs de taxis des grandes villes ne sont pas connus pour leur politesse avec le client, leur gentillesse avec les autres conducteurs sur les routes ou pour une politique de prix raisonnable. Depuis les manifestations et les blocages de routes de la part des taxis bruxellois, cette image ne se voit que renforcée.

Un système trop vieux

Cela ne veut pas dire que toutes les plaintes des chauffeurs sont impertinentes.

Il est vrai que les coûts de licence imposés aux conducteurs sont élevés et que le passage à un autre système ne convient pas nécessairement à tous les chauffeurs âgés. Cependant, ne prétendons pas que le système était sans avantages. Pendant des années, les chauffeurs de taxi ont profité du système de licence, car il limitait le nombre de taxis autorisés à circuler sur la route. Il s’avère que les prix peuvent être plus élevés quand attendre un taxi pendant 15 minutes est normal. Comparez cela à des services comme Uber, qui arrivent rapidement et vous donnent accès à des prix raisonnables.

Les conducteurs se considèrent comme des victimes de l’innovation alors qu’en réalité le contraire est le cas: la régulation les retient. Ce ne sont pas les chauffeurs Uber qui rendent la vie des chauffeurs de taxis difficiles, mais leur attachement à un vieux système de réglementation qui n’a plus sa place dans des villes modernes.

Actions violentes

Dans toute l’Europe, le débat de la part des taxis a été mené des manières les moins courtoises.

Dans la ville française de Lyon, un homme de 26 ans a été a été agressé par un chauffeur de taxi, qui avait refusé de le conduire, après avoir dit qu’il allait faire appel au service Uber. À Paris, un chauffeur a décrit l’attaque des chauffeurs de taxi sur son véhicule avec ce récit effrayant: “Quand mon pare-brise a commencé à craquer, j’ai eu vraiment peur.” Des chauffeurs avaient construit un checkpoint devant l’aéroport de Roissy à Paris pour intercepter des Uber. Et n’oublions pas Bruxelles, ou des taximen ont attaqué plusieurs conducteurs d’Uber et ont vandalisé leurs voitures. En répondant, le président de la fédération des taxis a déclaré qu’il pouvait “comprendre leur frustration”.

Répondre aux besoins actuels

Cela étant dit, la seule raison pour laquelle l’industrie du taxi est en colère, c’est parce que les applications de partage du covoiturage génèrent un énorme succès. Le consommateur choisit en fonction du prix et du service. Le simple fait que les taximen s’enragent en pensant à Uber ou Heetch, indique que oui, les courses deviennent moins cher pour vous et votre service s’améliore.

Les travailleurs d’usine de Nokia se sont-ils levés contre la prise de contrôle imminente des smartphones via Apple? Les concepteurs de CD ont-ils allumé des feux au milieu des villes pour déplorer l’arrivée des lecteurs mp3? Les conducteurs calèches ont-ils bloqué la construction du réseau ferroviaire?

Il doit y avoir un moment où nous reconnaissons que la technologie nous profite à tous. Oui, il est vrai que certaines industries anciennes se persévèrent, parfois par le biais d’un marketing agressif, de ruses astucieuses ou de sentiments nostalgiques du passé (on pense au vinyl). Cependant, la plupart des vieilles industries meurent parce qu’elles ne répondent tout simplement pas aux besoins de la génération actuelle de consommateurs. Nous avons vu la mort de MySpace et des cabines téléphoniques. Le tour des taxis viendra aussi.


Cet article a été publié par l’Echo.

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About Bill Wirtz

My name is Bill, I'm from Luxembourg and I write about the virtues of a free society. I favour individual and economic freedom and I believe in the capabilities people can develop when they have to take their own responsibilities.

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