Libéralisation du rail: vive la concurrence!

Ces derniers jours, le gouvernement a précisé les modalités de l’ouverture à la concurrence du rail en France. A partir de 2020, les lignes TER et TGV seront ouvertes à la concurrence pour les entreprises privées. C’est une bonne nouvelle pour les consommateurs qui vont pouvoir avoir le choix !

Le premier mode de transport de l’ère industrielle est tombé loin de ses concurrents la voiture et l’avion. La proportion du trafic de passagers stagne, et diminue, même dans le fret. Depuis la fin des années quatre-vingt, l’UE a essayé de contrer cette évolution. Mais les anciennes entreprises d’Etat défendent leur position avec ténacité, même avec de nouvelles conditions. Malgré l’ouverture du marché en Allemagne, la Deutsche Bahn a maintenu la concurrence privée à un faible niveau de trafic sur de longues distances et s’est imposée comme leader au niveau régional.

Grâce à l’initiative de l’Union européenne, et à partir de 2020, les opérateurs auront le droit d’offrir des services commerciaux sur l’ensemble du marché unique – on assistera alors à la fin des monopoles légaux.

La Commission européenne souhaite des progrès pour le consommateur dans tous les domaines : des prix moins élevés, des connexions plus fréquentes, une meilleure qualité… « Dans l’air, nous avons EasyJet d’un côté et Lufthansa de l’autre, et maintenant nous pouvons mettre aussi sur le rail d’autres fournisseurs qui couvrent des besoins différents », ajoute la commissaire pour le transport, Violeta Bulc. Le chemin de fer pourra devenir plus attrayant seulement si plus de concurrence migre vers le chemin de fer, indique la commissaire slovène.

Elle fait référence à l’opérateur privé tchèque LEO Express, qui « a l’intention de devenir le EasyJet du rail ». Et en effet, dans une République tchèque qui a déjà libéralisé son rail, LEO a démontré que la concurrence privée dans ce domaine de transport améliore le service des consommateurs. Face à un service du style post-Tchèchoslovaquie, il vaut mieux oser innover.

Beaucoup craignent que les libéralisations ferroviaires conduisent à une explosion des tarifs, mais ils disposent de peu d’arguments. Au Royaume-Uni, pays qui a connu la libéralisation de son système ferroviaire, depuis 1995, l’augmentation n’a pas dépassé les 2,7 % du coût moyen du voyage unique (si on rapporte le prix à l’inflation). Si nous gardons en tête que les trains d’aujourd’hui sont plus rapides, ont la climatisation et disposent de toilettes, alors le terme d’explosion est parfaitement exagéré.

« Une valeur culturelle française ». A cela s’ajoute le fait que les alternatives de transports restent multiples. En France, la concurrence de la voiture, du covoiturage, des déplacements en bus et des voyages aériens à bas coûts ne cesse de croître. En présence de cette concurrence, nous n’aurions jamais une compagnie ferroviaire privée exerçant une politique de prix similaire à celle de la SNCF.

Que représente ce « bien public » qu’est censé être la SNCF : avec plusieurs milliards de dette, un déficit structurel, des tickets chers, un service moyen, des grèves à perpétuité ? Quand on parle d’une grève des transports en commun à l’étranger, pour se moquer on fera référence à « une valeur culturelle française ». Ce n’est sûrement pas un bon argument de vente pour l’hexagone.

Les syndicats ont exprimé leur mécontentement contre la libéralisation du rail, même si on doit se demander de quoi la SNCF doit avoir peur. Ont-ils peur que les consommateurs bénéficient d’un meilleur service à un prix plus intéressant ? Sont-ils inquiets du fait que les passagers se rendent compte qu’on peut faire mieux avec moins d’argent ? Ont-ils peur que les consommateurs apprennent que OuiBus (le service d’autocars de la SNCF) sera rentable plus tard que FlixBus (privé), alors que pourtant le premier est subventionné ?

Les syndicalistes souhaitent le monopole de la SNCF, afin de continuer à proposer un service médiocre à un prix déconcertant, et une politique budgétaire catastrophique. Le monopole est leur dernier recours, afin que le contribuable français et les consommateurs du monde puissent se rendre compte que non, ce « bien public » ne fait plus de bien à personne.

Vive la concurrence !


Cet article a été publié par l’Opinion.

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About Bill Wirtz

My name is Bill, I'm from Luxembourg and I write about the virtues of a free society. I favour individual and economic freedom and I believe in the capabilities people can develop when they have to take their own responsibilities.

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