«Maachen mir haut Grammaire oder Franséich?»

Nos cours de français de l’enseignement secondaire demandent une mise à jour profonde. Les trois premières années de l’enseignement post-primaire se fixent sur des approches grammaticales, la conjugaison des verbes et l’enrichissement du vocabulaire, afin de construire une première pierre des capacités missives. J’y vois le but. Néanmoins, les élèves trébuchent dans leur parcours éducatif, se retrouvant à peine entre les irrégularités des leçons grammaticales d’une langue enseignée comme langue maternelle. Une professeure de français m’a raconté récemment qu’un élève lui aurait demandé: « Maachen mir haut Grammaire oder Franséich ? » La question, aussi naïve que pertinente, nous démontre l’absurdité de la séparation entre la construction de cette base grammaticale et le traitement historique des grands œuvres littéraires.

Tout au long des classes supérieures (3e, 2e, 1ère) les défauts méthodologiques apparaissent au grand jour. Les élèves, insuffisamment préparés aux analyses des textes ou plus précisément au filtrage des informations majeures, se voient en plus constamment répéter des erreurs grammaticales à cause de l’absence des cours de grammaire depuis la 5e. La séparation est stricte, les contenus des trois premières années sont des supposés connus. A quoi bon ?

Library

Il nous faut des cours méthodologiques qui préparent les élèves à élaborer des rapports cohérents sur les cours au lycée (une application nécessaire pour la préparation aux études supérieures) et à analyser les textes sur les informations importantes. Est-ce que cela veut dire qu’il faudra enterrer les œuvres d’Hugo, Maupassant, Balzac ? Bien sûr que non ! Tout de même, les auteurs médiévaux aussi bien que ceux de toutes les autres époques littéraires, occupent une part non négligeable au programme de français d’aujourd’hui. La plus-value du traitement de ces œuvres ne se montrera qu’avec un mélange judicieux entre des rappels de grammaire, des cours méthodologiques adéquats et les exercices oraux sur des sujets sociaux et d’actualité. Ce bagage prépare à l’examen de fin d’études qui lui, est divisé équitablement entre les évaluations de ce qu’on appelle « grammaire » et « forme » ainsi qu’aux études universitaires. De nouvelles réflexions doivent être apportées par les commissions de programmes et tous les professeurs qui exécutent ces programmes jour par jour.

Pourquoi des réflexions? Parce que qu’on ose quand-même plus utiliser le terme de « réforme » de nos jours…


Cet article a été publié le 15/07/2013 dans le Luxemburger Wort.

Pictures are Creative Commons.

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About Bill Wirtz

My name is Bill, I'm from Luxembourg and I write about the virtues of a free society. I favour individual and economic freedom and I believe in the capabilities people can develop when they have to take their own responsibilities.

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