Le lobby des vélos à Bruxelles veut se faire protéger contre la concurrence étrangère

Récemment, l’Association européenne des fabricants de bicyclettes (EBMA) a déposé une plainte anti-dumping à la Commission européenne, demandant une action (de l’action) immédiate contre les productions chinoises massives et peu coûteuses de vélos électriques, les “e-bikes”. Selon les fabricants, les e-bikes chinois sont fortement subventionnés et vendus sur le marché européen à des faibles prix. Selon l’association, la République populaire de Chine «subventionne fortement» et «décharge illégalement» de grandes quantités de vélos électriques sur le marché européen,  et a  déclaré: «Par conséquent, nous avons déposé une plainte auprès de la Commission européenne, appelant à l’enregistrement des importations et des mesures anti-dumping urgentes sur les vélos électriques en provenance de Chine”.

L’EBMA a des intérêts très visibles avec ce dépôt de plainte anti-dumping, car elle avait déjà eu de la réussite dans une affaire similaire cette année. En février, suite à une plainte EBMA contre la Chine et  Taiwan, la Commission européenne a imposé une taxe douanière de 34,4 pour cent sur les vélos chinois, réduisant le choix des consommateurs et fournissant un cadre pour l’augmentation à long terme des prix pour les consommateurs. Plus intéressant encore, le communiqué de presse de la Commission se lit exactement de la même manière que celui du lobby des vélos: il démontre d’abord des augmentations dans les produits chinois, puis montre les différences de prix effectives entre les producteurs européens locaux et ceux originaires d’Asie.

Les taxes douanières sont à la fois des taxes arbitraires et régressives  qui nuisent aux plus pauvres. Dans une recherche d’économistes américains sur les taxes douanières américaines datant de janvier, les chercheurs affirment:

“Selon cette analyse initiale, il semble que les taxes douanières soient imposées de manière régressive – en partie parce que les dépenses sur les biens échangés représentent une part plus élevée des revenus et de la consommation (hors logement) dans les ménages à faible revenu, mais aussi en raison d’une régressivité explicite au sein de ces catégories”.

Le document conclut que les catégories de revenus les plus faibles sont, à causes de ces taxes douanières, chargées de 1,5% du revenu ménager après impôt, ce qui est exponentiellement plus élevé que les autres classes de revenu. Pour les personnes à revenu élevé, ce pourcentage est inférieur à 0,3.

Le protectionnisme que l’EBMA détériore la situation des consommateurs les plus vulnérables. L’affirmation selon laquelle les vélos chinois sont fortement subventionnés fera l’objet d’une enquête préalable de la Commission européenne. Il est raisonnable que la Commission choisisse d’être prudent avec l’imposition de ces taxes.

L’Association des fabricants de bicyclettes, dans sa déclaration, se prononce également sur la politique de l’environnement:

“Les mesures anti-dumping sont manifestement dans l’intérêt de l’UE, car les e-bikes sont une industrie stratégique et innovante pour l’avenir européen dans l’e-mobilité. Les consommateurs et fournisseurs européens veulent tous que la production soit locale dans l’UE.”

Du point de vue des consommateurs, la «mobilité électrique verte et intelligente» est faisable avec moins de dépenses que si le marché n’est restreint uniquement à l’industrie locale. La concurrence sur le marché a rendu les e-bikes moins chers et plus accessibles aux consommateurs, en particulier pour les personnes à faible revenu. Si l’argument de l’EBMA était effectivement de caractère environnemental, ils devraient être en faveur d’une baisse des prix.

Comme les e-bikes font en effet l’objet d’une forte augmentation de la demande en Europe, il appartient à l’industrie elle-même de trouver les idées innovantes nécessaires qui feront que les consommateurs achèteront leurs produits. Il ne devrait pas être du ressort de l’industrie de faire pression sur la Commission européenne pour négocier des taxes douanières en faveur de leur intérêts industriels, qui sont préjudiciables aux consommateurs. L’Europe a besoin de plus de concurrence et de choix pour le consommateur.


Cet article a été publié par Les Echos.

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About Bill Wirtz

My name is Bill, I'm from Luxembourg and I write about the virtues of a free society. I favour individual and economic freedom and I believe in the capabilities people can develop when they have to take their own responsibilities.

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