L’Union européenne subventionne les opposants au libre-échange

CETA, TTIP, ISDS : de nombreux acronymes dominent le débat sur les politiques commerciales de l’Union européenne. Ces dernières années, de nombreuses manifestations à grande échelle ont été organisées contre les traités commerciaux entre l’UE et les États-Unis ou le Canada. Qui alimente la rhétorique anti-libre-échange que l’opinion publique semble aussi accepter ? La réponse va en surprendre beaucoup.

En mars de cette année, la commission de contrôle budgétaire du Parlement européen, sous la responsabilité du rapporteur allemand du PPE, Markus Pieper, a enquêté sur l’ampleur du financement du lobbyisme par l’UE. Rien qu’en 2015, l’Union européenne a dépensé 1,2 milliard d’euros de subventions afin de soutenir les ONG européennes qui font pression sur ses propres institutions.

En 2016, le Centre européen pour l’économie politique internationale (ECIPE) a publié un rapport de 147 pages sur la montée des groupes de lutte anti-TTIP. L’ECIPE a fortement critiqué la Commission pour ne pas avoir dégagé des règles harmonisées sur la façon dont les subventions sont distribuées, relevant qu’il est “pratiquement impossible” de récupérer des informations sur les conditions auxquelles ces fonds ont été initialement attribués. La conclusion du rapport est sans appel : “Il n’y a pas de transparence quant aux subventions de l’UE accordées aux ONG ainsi qu’aux pratiques de financement”.

Le rapport suggère un biais politique clair dans la répartition des fonds de l’UE. Les groupes financés ont largement rejeté le TTIP ainsi que d’autres accords de libre-échange sur des bases idéologiques. La présidente de l’Institut Transnational, financé par l’UE, Susan George, auteur du livre “Comment gagner la guerre des classes” et contributeur régulier du New Internationalist, a continuellement répandu la peur envers cet accord.

C’est plus largement la question du lobbying financé par l’UE qui est soulevée. Au fil des subventions toujours plus importantes accordées à la société civile, les institutions européennes pensent la renforcer. Les groupes d’intérêts qui souhaitent un pouvoir plus centralisé à Bruxelles, soutiennent des restrictions sur les choix de vie, ou demandent une aide étrangère accrue, finissent par être surreprésentés dans le soutien financier de l’UE.

Il est erroné pour l’UE de croire qu’elle peut faire résoudre le problème lancinant de son déficit démocratique en parrainant des militants de la société civile. Bien que ce processus puisse rendre l’Union plus participative, c’est sur la base d’une participation sélective ici, et non celle de tous les citoyens.

Il n’appartient pas à l’Union européenne de subventionner des acteurs de la société civile, en particulier lorsqu’ils sont politisés. Un dialogue ouvert, transparent et non biaisé est désespérément nécessaire sur le libre-échange. Avec ou contre l’Union européenne, le libre-échange intercontinental reste bien un combat, notamment pour le libre choix des consommateurs.


Cet article a été publié par Les Echos.

Pictures are Creative Commons.

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About Bill Wirtz

My name is Bill, I'm from Luxembourg and I write about the virtues of a free society. I favour individual and economic freedom and I believe in the capabilities people can develop when they have to take their own responsibilities.

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