L’industrie de pétrole a sauvé les baleines

Cet article est une traduction de mon article “The Petroleum Industry Saved the Whales” qui a été publié par le Mises Institute.

Au début de l’époque industrielle, les baleines étaient considérées comme une ressource naturelle importante, exploitée par les humains depuis des décennies. En effet, l’huile extrait des baleines, surtout celle du Physeter macrocephalus (le Grand cachalot), pour lequel le processus d’extraction de l’huile s’est effectué par le nez, avait de divers usages, dont le chauffage, les lampes ou la peinture.

Les navires baleiniers avaient des tailles considérables afin de résister à la mer agitée, tout pour récolter cette graisse aux usages multiples que seulement les baleines pouvaient fournir. Ils utilisaient des sortes de javelot pour démolir le crâne de l’animal ou pour le décapiter. Le poids de ces outils assurait que les baleiniers pouvaient couper à travers la corde vertébrale.

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Une publicité du 19e siècle pour du savon produit à base de la graisse de baleines
Source: 
americanhistory.si.edu

Comme la demande globale pour la graisse de baleine continuait à augmenter, même les chasseurs qui s’étaient enrichis depuis des siècles n’étaient plus capables à satisfaire la demande. Les consommateurs étaient de moins en moins prêts à payer le prix exorbitant de 2,50 dollars par gallon d’huile de baleine [1]. Tout de même, les produits alternatifs, comme le camphène, prouvaient être d’une mauvaise qualité ou même potentiellement dangereux. Le camphène est très inflammable : un risque mortel dans des zones d’habitation majoritairement construites en bois.

En 1850, les consommateurs avaient le choix entre:

  • le camphène – 50 cents par gallon (combinaison d’alcool, térébenthine, d’huile de camphre – brûle ardemment, odeur sucrée)
  • l’huile de baleine – entre 1,30 et 2,50 dollars par gallon
  • l’huile de saindoux – 90 cents (mauvaise qualité, odeur désagréable)
  • l’huile de charbon – 50 cents (calaminé, odeur désagréable, mauvaise qualité; prédécesseur du kérosène)

En 1851, la chasse aux baleines avait un effet tellement néfaste que les chasseurs ont dû  abandonner l’océan atlantique et se déplacer aux océans pacifique et indien, ce qui a rendu le produit encore plus rare et cher. De nos jours, il est difficile de faire comprendre la gravité de cette situation, puisque non seulement avons nous de l’électricité, mais nous avons aussi de nombreuses techniques pour la produire. À la moitié du 19e siècle, les gens se trouvaient littéralement à court de lumière.

Les baleines et nous ont été sauvés par Abraham Gesner

Abraham Pineo Gesner était un médecin et géologue canadien. En 1846, sa recherche de minéraux avait donné lieu à un liquide composé de charbon, de bitume, et de schiste bitumineux, qu’il appelait le kérosène. En comparaison à d’autres produits sur le marché, le kérosène n’avait pas une odeur désagréable et n’était pas salissant, et surtout: avec la commercialisation du kérosène par Gesner dès 1850 (par la Kerosene Gaslight Company) et la vente de son entreprise à Standard Oil, la production de masse de ce nouveau produit réduisait les prix. [2]

Gesner n’avait pas seulement illuminé le monde, mais il avait enlevé la source de revenu la plus importante à l’industrie baleinière. La chasse aux baleines était devenue inutile:

“Les activités entrepreneuriales de Gesner et l’établissement pionnier du kérosène depuis New York étaient essentiels au développement de cette industrie jeune qu’était l’huile de charbon. Cette dernière a connu une croissance importante dans les années à suivre. L’arrivée de ces nouvelles huiles de charbon a engendré la fin de l’industrie des baleiniers.”[3]

La prochaine fois que vous pensez à une organisation ou industrie qui a mis fin à de la cruauté animale et à la mort horrible de milliers d’animaux, ne pensez pas à Greenpeace. Pensez à l’industrie de pétrole.


[1] Daniel Yergin, The Prize: The Epic Quest for Oil, Money & Power (1962; New York: Simon and Schuster, 1991), chapter I: “Oil on the Brain: The Beginning,” sec. Price and Innovation, p. 22. (Online)

[2] Gerald Kutney, Sulfur: History, Technology, Applications & Industry (ChemTec Publishing, 2007), chapter 4:His Oil Ventures,” sec. 2.2, p. 84. (Online)

[3] Alexander Smith, “Setting History Right: The Early European Petroleum Industries and the Rise of American Oil,” in From the Industrial Revolution to World War II in East Central Europe, eds. Marjia Wakounig, and Karlo Ruzicic-Kessler (Vienna: LIT Verlag GmbH, 2011), p. 68. (Online)

About Bill Wirtz

My name is Bill, I'm from Luxembourg and I write about the virtues of a free society. I favour individual and economic freedom and I believe in the capabilities people can develop when they have to take their own responsibilities.

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