Pourquoi la République tchèque se tourne contre l’Union européenne

Pendant que l’Union européenne a essayé de trouver un accord pour le traité de libre-échange avec le Canada, la République tchèque s’est approchée de la Chine. Ceci a créé une situation étrange dans laquelle un pays d’Europe centrale, connu pour ses bières et les belles femmes, se retrouve dans une dispute politique intérieure sur le drapeau du Tibet et le Dalaï-Lama.

Ceci est une traduction de mon article “Why The Czech Republic Is Turning Against the EU” qui a été publié sur le site de la Foundation for Economic Education (FEE).

Une évolution récente

Tout a commencé en 2009, quand la République tchèque et la Chine ont fêté 60 ans de relations diplomatique. Le début de cette relation était en 1949, quand l’ancienne Tchécoslovaquie avait reconnu la République populaire de la Chine. Les chinois ont même continué de rester alliés aux Tchèques, quand Beijing a condamné la répression du pays lors de sa révolution contre le Pacte de Varsovie en 1968. Pendant ce meeting en 2009, le premier ministre chinois Wen Jiabao s’est exprimé en faveur de relations bilatérales plus importantes entre les deux pays. Au début de la crise financière de 2008, ce renforcement de relations commerciales était jugé comme un bon plan de sauvegarde par le président tchèque Václav Klaus.

Dès 2013, le changement gouvernemental de droite à gauche en République tchèque impliquait un changement renforcé de la politique diplomatique. Les sociaux-démocrates tchèques sont connus pour leur soutien important aux relations avec la Chine. Le dernier premier ministre Jiří Rusnok, ainsi que l’actuel, Bohuslav Sobotka, ont continué cette politique.

En 2014, le président tchèque Miloš Zeman s’est déplacé à Pékin pour faire de la publicité pour des relations plus renforcées sur le plan de commerce et de tourisme, et même pour proposer un vol direct entre Prague et la capitale de la Chine. Il n’y a rien qui convient plus au caractère de Zeman que de bonnes relations avec la Chine: Zeman est un autoritaire anti-immigration avec aucune appréciation pour ses homologues européens et avec des amis et des sponsors assez douteux. Un homme qui se décrivait encore comme fédéraliste européen à son élection a trouvé des amitiés avec des autocrates Russes, qu’il rencontre et avec lesquels il parle couramment le russe. Zeman se lasse de l’Union européenne, qui n’est pas prête à forger des relations commerciales et diplomatiques plus importantes avec la Chine à cause de préoccupations relatives au respect des droits de l’Homme. Interrogé par la télévision chinoise, Zeman répondait:

“Nous sommes de nouveau un pays indépendent et nous formulons notre propre politique étrangère, basée sur nos intérêts.”

Mais la réelle division politique que les relations avec la Chine a créé en République tchèque ne s’est montré que cette année.

La polémique du drapeau tibetan

En mars, le président chinois Xi Jinping était en visite officielle en République tchèque. Ceci était un moment crucial pour les Tchèques, qui n’hébergeaient non seulement le chef d’Etat d’une des plus grandes forces commerciales au monde, mais aussi leur deuxième partenaire commercial (relatif aux importations). La République tchèque était le seul pays de l’Union européenne que la délégation chinoise à visité, avant de continuer vers les États-Unis. Donc en effet: une grande journée pour les Tchèques.

Avant ce meeting, la commune de Prague avait refusé d’hisser le drapeau tibétain pour la commémoration de la révolution anti-chinoise au Tibet de 1959, qui avait causé la mort de 80 000 habitants, afin de ne pas compromettre les négociations avec les partenaires de Pékin. L’opposition de droite TOP09 critisait les partis au pouvoir et n’hissait pas seulement le drapeau tibétain, mais aussi celui de République de Chine (le Taïwan), même si la dernière n’a pas été reconnu par la République tchèque.

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La controversée du Dalaï-lama

En octobre 2016, le Dalaï-lama était en visite officielle en République tchèque pour la Conference 2000. De nombreux députés et ministres tchèques (ceux du parti chrétien-démocrate) ont rencontré le leader spirituel afin de provoquer les supporteurs des relations commerciales avec la Chine. Le président Zeman s’est exprimé sur cette affaire en disant:

“Les activités personnelles de certains politiciens tchèques ne traduisent pas un changement de la politique officielle de la République tchèque et nous pensons que ce serait regrettable si cela serait perçu de telle manière.”

Cette controverse a vraiment commencé à faire des vagues, quand la présidence tchèque a refusé d’accorder une médaille d’honneur au survivant de la shoa George Brady (88). Il semblait en effet que ce refus était lié au comportement de son neveu, Daniel Herman, Ministre de la Culture, qui avait rencontré le Dalaï-lama. Un communiqué de presse du président Zeman a contesté cette théorie, tout sans donner une explication pourquoi Brady n’a pas reçu la médaille.

Qu’est-ce qui s’est passé?

Ce qui est le plus bizarre dans toute l’affaire est qu’il ne s’agit même pas d’une discussion sur le Tibet ou le Dalaï-lama: la discussion porte sur le président Zeman, sa philosophie politique et sa vue sur les relations diplomatiques envers les autres partenaires européens. Des personnages influentes, dont Mikuláš Bek, vice-président de la conférence des recteurs tchèques, se sert de la question du Tibet pour montrer son opposition à la politique de Zeman.

Tout de même, Zeman représente un trend général parmi la population tchèque, dans lequel de plus en plus de gens en ont assez du “dictat des élites” et qui soutiennent une relation diplomatique renforcée avec la Chine comme réplique à l’arrogance de Bruxelles. Cette dystopie trumpienne semble très réelle: Zeman a été cité d’être “très content” avec le résultat de la présidentielle américaine.

La question de la China va continuer à diviser le pays, remettant de nouveau les Tchèques dans un conflit idéologique Est-Ouest.


Pictures are Creative Commons.

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About Bill Wirtz

My name is Bill, I'm from Luxembourg and I write about the virtues of a free society. I favour individual and economic freedom and I believe in the capabilities people can develop when they have to take their own responsibilities.

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